La poule Coucou

fleuron de la Bintinais

Photos : Écomusée de la Bintinais, Hervé Ronné, Stéphane Thommeret

Autrefois abondante dans le pays de Rennes, la race doit sa sauvegarde à l'écomusée qui retrouva les derniers spécimens à la fin des années 1980. Cette volaille connaît aujourd'hui un beau retour sur les marchés de Haute-Bretagne.

L'animal en bref

Se lancer dans un résumé pour cerner la poule Coucou semble illusoire. La « Coucou », comme on l’appelle affectueusement, c’est de sa création à sa sauvegarde une histoire de passionnés. Ainsi on ne peut négliger le docteur Ramé, médecin rennais, féru d’aviculture qui met au jour la fameuse gallinacé à travers la sélection de nouvelles races, à partir de poules communes du bassin rennais.

En 1914, c’est même la consécration et l’homologation de son standard. L’animal se répand vite sur les marchés rennais où elle est particulièrement appréciée pour sa particularité gustative incomparable : une chair au goût noisette !

L’histoire vient, comme souvent, jouer les trouble-fêtes. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, il faut relancer l’économie. La concurrence des poules de souches anglaise et américaine à croissance plus rapide est de plus en plus importante. Aux quatre coins de la France, les volailles rustiques locales sont les premières à faire les frais de cette concurrence. La Coucou rennaise ne fait pas exception et tombe, elle aussi, dans l’oubli.

Et une fois encore le travail de passionnés va payer. L’écomusée, créé en 1987, a vocation à se pencher sur l’histoire du pays de Rennes. Jean-Luc Maillard son conservateur connaît l’histoire de cette fameuse poule massive au plumage gris, blanc et bleuté. Après bien des recherches, une piste semble se dessiner : un ancien maraîcher rennais, M. Rouesné, a pris sa retraite dans le Maine-et-Loire. Plusieurs Coucou l’auraient accompagné en terre angevine. Un soulagement, toutefois le plus dur reste à faire.

L’écomusée joue alors pleinement son rôle : il fédère un réseau d’éleveurs amateurs et malgré un cahier des charges contraignant, tous jouent le jeu jusqu’aux chefs de renoms qui s’engagent pour sauver la race à travers la reconnaissance de ses qualités de bouche.
Introuvable dans les années 80, la Coucou c’est plus de 30 000 têtes/an et la consolidation d’une filière locale essentielle à la sauvegarde d’une race sur le long terme.

Caractéristiques de la race

C’est une poule facilement remarquable, de grande taille. Sa forme : allongée et large, son corps charpenté repose sur deux cuisses musclées allant du crème au roux. Son plumage l’identifie entre mille, gris, bleuté (qui rappelle celui du Coucou des bois) lui confère une allure princière. Sur sa jolie tête, une simple crête, deux oreillons rouges vifs, l’iris rouge orangé.

La Coucou en son jardin

La poule Coucou est incontestablement la reine du poulailler de l’écomusée, ce n’est pas ses voisines d’enclos – oies normandes et poules Noire de Janzé – qui diront le contraire. Elle est également la star de l’événement phare de l’établissement en septembre : la foire à la basse-cour, où de nombreux éleveurs la proposent à la vente.
Elle entre définitivement au panthéon du musée en 2015 dans la catégorie beaux-livres proposée par l’établissement, avec une publication dédiée : La poule coucou de Rennes : Patrimoine vivant de la Bretagne, signée François de Beaulieu au Presses Universitaires de Rennes et en vente à l’accueil de l’écomusée.

Quelques chiffres