La nature pour modèle

4 décembre 2021 → 4 septembre 2022

Cette toute nouvelle exposition temporaire est une invitation privilégiée au cœur de drôles de maquettes qui ont révolutionné l'enseignement, la connaissance
et notre perception du vivant.

Objet esthétique, le modèle n’en est pas moins et avant tout pédagogique avec pour vocation de diffuser des connaissances. Il s’agit de rendre accessible les coulisses de l’anatomie des plantes et des animaux en trois dimensions.

Objets de collection vintage, beautés énigmatiques, curiosités poétiques…
En cire, en plâtre, en verre ou en papier mâché, l’œil moderne pose sur ces fragments pédagogiques du passé un regard différent. Difficile de ne pas succomber au charme suranné de ces réalisations fines et habiles,
témoins de notre besoin de toujours mieux comprendre la mécanique du vivant.

Une plongée à l’intérieur du vivant

La Renaissance apporte son lot d’évolutions et la compréhension du vivant n’échappe pas à la règle. Exit les théories héritées de l’Antiquité, l’ouverture des premières facultés de médecine sonne le glas de rumeurs et idées reçues à la peau dure. La dissection pose le corps comme objet d’études scientifiques. 

C’est la naissance des premiers traités et planches anatomiques qui illustrent, détaillent et inventorient cette somme de découvertes qui passionnent les sociétés aristocratiques.

Le modèle : précis, esthétique, réel… 

Difficile de permettre le partage de connaissances concrètes dans une succession d’ouvrages « à plat ». Il faut un outil plus percutant, plus parlant qui s’attache à reproduire fidèlement « le réel ».

D’abord en ivoire ou en cire, ces objets en trois dimensions restituent les couleurs et les textures. Le modèle est alors à la croisée des sciences et de l’art. Exposés dans les cabinets de curiosités, ces premiers modèles rejoindront bien vite les collections d’études.

En France, au 19e siècle, Louis Auzoux démocratise les modèles démontables. Fac-similés faits de pièces amovibles – peau, muscles, organes – numérotées et démontables plan par plan, ce type de modèles reprend la logique d’une dissection. Dans le domaine des sciences naturelles, animaux, plantes, fleurs, organismes microscopiques, tout le vivant peut être modélisé. C’est l’âge d’or des maisons Auzoux et Brendel qui équiperont en modèles divers lycées, facultés et écoles supérieures. 

…au service d’un enseignement concret

L’apparition et la démocratisation des modèles anatomiques dans les salles de classe permet un enseignement des plus qualitatif ! L’objet fait partie d’une palette d’outils au service de l’enseignement : planches, spécimens vivants, squelettes, préparations sèches ou en fluide qui rendent le savoir concret. 

Le modèle permet d’étudier la zoologie, la zootechnie et la botanique. Ils illustrent notamment la structure, la croissance des végétaux ou encore l’anatomie des vertébrés et invertébrés.

Les écoles vétérinaires et d’agronomie font du modèle un outil de connaissance du potentiel de l’animal. À cette fin, plusieurs modèles valorisent la lactation de la vache ou l’anatomie complète du cheval par exemple.

Le modèle, outre la faculté de rendre concrète la richesse de la faune et de la flore, permet d’identifier des espèces parfois difficilement observables dans la nature.

Le modélisme, un savoir-faire unique

Par quels secrets le modèle pédagogique parvient-il à reproduire aussi fidèlement son sujet ? La conception du modèle n’est pas le fruit du hasard mais la conjugaison parfaite du savoir scientifique et d’une grande maîtrise technique.

Plusieurs matériaux ont permis de façonner les modèles. Après la cire et l’ivoire au 18e siècle, les techniques de fabrication évoluent pour répondre à une demande grandissante. Le papier mâché tire son épingle du jeu au 19e siècle. Économique, résistant, léger, il permet surtout de reproduire les modèles en série, avant d’être détrôné par le plastique au 20e siècle.

 

Le modèle aujourd’hui

En perte de vitesse, supplanté par de nouvelles méthodes d’enseignement, les modèles pédagogiques ont pour bon nombre été mis au rebut ou remisés dans les réserves de musées. Cette exposition « La nature pour modèle » est une belle occasion de valoriser ces objets singuliers qui ont permis de transmettre des connaissances à plusieurs générations d’étudiants rennais, de Rennes 1 au lycée Zola en passant par l’Agrocampus Ouest.

Le modèle n’a pas pour autant disparu, quelques fabricants poursuivent leur production.

L’écomusée utilise des modèles pédagogiques pour ses actions de médiation. Des modèles SOMSO, sont couramment utilisés auprès des publics scolaires et du grand public pour illustrer des animations sur la lactation, ou la graine de haricot qui rend concrète la germination.

Ces témoins d’un passé pas si lointain sont également une source d’inspiration artistique au monde contemporain. En verre, en cire ou en papier mâché, les créations de William Geffroy, Louis de Torhout et Anne-Lise Koehler doivent beaucoup aux modèles pédagogiques du 19e siècle. Leurs créations d’après nature font le bonheur des galeries, des musées ou du cinéma d’animation.

Pratique

Accès à l’expo

La nature pour modèle
Exposition temporaire 2021 à l’Écomusée de la Bintinais
présentée à partir du 4 décembre 2021 et jusqu’au 4 septembre 2022 aux horaires d’ouverture l’établissement
(l’expo est fermée entre 12h et 14h du 1er avril au 4 septembre).
Accès payant à l’exposition temporaire : plein tarif : 4 €, réduit : 2 €, gratuité : 0/26 ans et carte Sortir !

Allez plus loin

Couverture de la publication "La nature pour modèle"

Vous avez aimé l’exposition ?

Une publication : La nature pour modèle, enseigner le vivant en trois dimensions est disponible

> en vente à l’accueil de l’écomusée,

> en vente en librairies et sur le site de l’éditeur Locus Solus.

Presse

Contact : pôle communication Écomusée de la Bintinais
> Arthur BARBIER – 02 99 51 36 94 ou a.barbier@rennesmetropole.fr