Plus qu'un bouleversement, c'est une véritable révolution
économique et sociale qu'ont connue les campagnes bretonnes dans les
années 60. En moins de 15 ans, la région est passée d'une agriculture
de subsistance au statut de première région agricole de France. C'est
cette histoire que l'Ecomusée du Pays de Rennes raconte au travers de
sa
nouvelle exposition, Le Grand Espoir.
Rurale, archaïque, isolée du reste de la France, voilà ce qui
caractérise la Bretagne des années 1950. A cette époque, les fermes
sont petites (6 à 8 hectares), et encore nombreuses. Les travaux
agricoles sont effectués par la famille, et même les enfants
travaillent. Évidemment, ces fermes sont peu rentables, la production
sert avant tout à nourrir la famille, et les rares excédents sont
faibles. « Ces gens attendaient donc d'autres conditions de vie »,
explique Jean-Luc Maillard, directeur de l'écomusée. Cette aspiration
issue de la modernité, c'est le grand espoir des agriculteurs bretons.
Ce rêve de changement, ils vont parvenir à le réaliser «...pour le
meilleur et pour le pire », analyse Jean-Luc Maillard. Comment ont-ils
fait ? C'est ce que raconte l’exposition Le Grand Espoir à travers 340
m2 de panneaux explicatifs, d'objets et de vidéos d'archives. L'enjeu
de cette exposition est de permettre aux visiteurs de comprendre
pourquoi ces bouleversements ont pu se produire en un laps de temps si
court. En donnant ainsi les clés de l'histoire récente, les
organisateurs de l'exposition espèrent donner à chacun la possibilité
de faire le lien avec les problématiques actuelles de l'agriculture
bretonne.

Avec le formica, c'est un peu de modernité qui entre dans les cuisines. Photo Didier Gouray
Des sabots aux bottes, du cheval au tracteur
Justement,
comme pour mieux saisir ces bouleversements, le visiteur est dès le
début du parcours confronté au choc technologique qui a eu lieu à
l'époque : derrière une vitre sont exposés les sabots en bois, puis
les bottes en caoutchouc que le paysan a dû chausser sans transition.
Le contraste est saisissant.
A quelques mètres, c'est un tracteur Pony 812 rouge qui témoigne de la
révolution technique qui s'est jouée à l'époque. « Je me souviens, on
faisait la traite à la main. Et puis les trayeuses sont arrivées. On a
pu traire deux vaches à la fois, et sans se servir de nos mains », se
souvient Odette Pommereul, une ancienne agricultrice de
Saint-Brice-en-Coglès, qui témoigne dans l’exposition.
De meilleures conditions de vie
L'autre
bouleversement du secteur agricole que souligne l'exposition, c'est le
dynamisme collectif des jeunes agriculteurs. Ensemble, ils vont mettre
en place les conditions du changement. Concrètement, ils créent des
groupements de producteurs et des coopératives d'achat pour acquérir en
commun du matériel agricole. « Grâce à cette mutualisation, on a pu
faire des économies. Et avec l'argent, on faisait des travaux dans
notre maison », raconte Odette Pommereul.
L'amélioration de l'habitat et des conditions de vie est en effet la
principale conséquence de ces avancées. Dans l'exposition, le visiteur
peut d'ailleurs découvrir une salle à manger reconstituée, avec four,
réfrigérateur, et tout l'équipement moderne !
Réaliste, cette plongée historique n'oublie pas d'évoquer l'apparition
des premiers doutes. Des panneaux explicatifs et des vidéos rappellent
que, dès 1969, l'impact écologique et environnemental est questionné.
Des préoccupations toujours d'actualité...
Nicolas Rouhaud
Pratique : L'exposition Le grand espoir est visible du 9
décembre 2011 au 26 août 2012. Pour plus d'informations, contactez le
02 99 51 38 15.
Téléchargez le programme des animations: Animations le Grand espoir (pdf - 872.6ko)